Plan communal contre le frelon asiatique : 9 actions concrètes pour les collectivités
Le frelon asiatique (Vespa velutina) est devenu un sujet de sécurité publique, de protection de la biodiversité et de tranquillité des habitants. Une commune (ou une intercommunalité) peut agir efficacement… à condition d’avoir un cadre simple, lisible et reproductible : qui fait quoi, quand, comment, et avec quel budget.
Voici un plan d’actions opérationnel (A TELECHARGER), pensé pour les mairies, communautés de communes et agglomérations, avec des mesures à impact rapide et des actions structurantes sur l’année:
Comprendre l’objectif d’une politique “frelon asiatique”
Une stratégie locale réussie vise 4 résultats :
- Réduire le risque pour les personnes (écoles, parcs, stades, voies publiques).
- Accélérer le traitement des signalements (moins d’hésitations, moins de délais).
- Rendre les interventions prévisibles (procédure + partenaires + prix cadrés).
- Informer sans paniquer (pédagogie, différenciation des espèces, bons réflexes).

1) Nommer un référent “Frelon asiatique” dans la commune
C’est le point de départ. Sans référent, les signalements se dispersent (standard, élus, police municipale, services techniques) et les délais explosent.
Rôle du référent :
- centraliser les signalements et vérifier les informations minimales ;
- déclencher la procédure (sécurisation / prestataire / suivi) ;
- tenir un tableau de bord (nids confirmés, zones à risque, délais, coûts) ;
- coordonner avec l’interco si une prise en charge existe.
Bon format : un agent identifié + un suppléant + une adresse mail dédiée (ex : frelon_at_ville.fr).
2) Organiser une distribution gratuite de pièges (si elle est cadrée)
La distribution peut être utile uniquement si elle est encadrée (période, consignes, modèle sélectif, retrait). Sinon, on risque de piéger des insectes utiles, et le piégeage pourrait même être contre productif (effet boomerang).
Bonnes pratiques :
- distribution limitée dans le temps (ex : démarrage saisonnier) ;
- consignes claires : emplacement, appâts recommandés, fréquence de contrôle ;
- priorité aux zones sensibles (proximité ruchers, vergers, abords d’écoles selon contexte) ;
- communication forte sur la sélectivité et le retrait.
À éviter : une opération “one shot” sans notice, sans période de retrait, sans suivi.
Et pour savoir quand commencer le piégeage exactement:
3) Prendre en charge la destruction des nids (cadre simple et assumé)
La prise en charge publique fonctionne très bien quand elle est claire :
- quels nids sont pris en charge ?
- à quelles conditions ?
- comment déclenche-t-on l’intervention ?
Exemples de périmètres possibles :
- prise en charge totale sur l’espace public ;
- prise en charge partielle sur le privé (plafond, reste à charge, critères sociaux) ;
- prise en charge prioritaire pour les sites à risque (écoles, crèches, EHPAD, équipements sportifs).
Le point clé : une procédure simple pour éviter que les habitants tentent d’intervenir eux-mêmes.
4) Mettre en place une convention avec des entreprises spécialisées (tarifs négociés)
Plutôt que de gérer “au cas par cas”, une convention permet :
- des délais d’intervention cadrés ;
- un tarif négocié et transparent ;
- une qualité d’intervention homogène ;
- une traçabilité (facturation, rapports, photos si nécessaire).
Ce que la convention devrait cadrer :
- zones couvertes (commune / interco) ;
- engagement de délai (selon urgence) ;
- modalités de sécurité (balisage, information) ;
- modalités de preuve d’intervention ;
- canaux de contact “collectivité”.
5) Mettre en place une procédure simple de signalement
C’est souvent le “goulot” n°1. Une bonne procédure doit tenir en 3 minutes côté habitant.
Le signalement idéal :
- un formulaire web (ou appli citoyenne) + un numéro de téléphone (si urgence) ;
- 4 infos obligatoires :
- adresse précise,
- hauteur approximative / accessibilité,
- photo si possible,
- niveau de risque (proximité école, passage, jardin fréquenté, etc.)
Côté mairie :
- accusé de réception automatique,
- tri (à vérifier / urgent / non prioritaire / hors périmètre),
- déclenchement prestataire.
Les mairies peuvent trouver des prestataires dans l’annuaire national ALLO FRELONS. Chaque entreprise référencée est une entreprise locale, certifiée Certibiocide. Les avis clients sont affichés et la communication de chaque entreprise est transparente par l’accès direct à leur site web et à leur fiche d’établissement Google.
6) Sensibiliser régulièrement la population
Une collectivité gagne à communiquer “peu mais souvent”, avec des messages simples, visuels, récurrents.
Thèmes incontournables :
- distribution gratuite de pièges (quoi / quand / comment / retrait) ;
- prise en charge des destructions (règles + procédure) ;
- prudence lorsqu’un nid est repéré (distance, enfants, animaux) ;
- réunions publiques / infos saisonnières ;
- différenciation frelon asiatique vs européen ;
- rappel : ne pas intervenir soi-même.
Canaux efficaces :
- bulletin municipal,
- site internet,
- réseaux sociaux,
- panneau lumineux,
- application citoyenne.
7) Travailler avec les apiculteurs et les désinsectiseurs locaux
Les apiculteurs sont souvent les premiers impactés et les plus structurés sur le sujet. Les associer renforce la crédibilité de la démarche.
Actions utiles :
- réunion d’information annuelle (début de saison) ;
- conférence grand public “reconnaître / signaler / se protéger” ;
- remontées terrain (zones à forte pression, dates de reprise d’activité) ;
- relais de communication.
8) Former les agents municipaux (services techniques) à l’identification + sécurisation
Former les équipes terrain fait gagner un temps énorme : reconnaissance rapide, réduction des erreurs, sécurisation immédiate.
Objectifs de la formation :
- reconnaître un nid primaire vs secondaire (et savoir quand c’est “à risque”) ;
- différencier frelon asiatique / européen / guêpes ;
- mettre en sécurité une zone (rubalise, périmètre, affichage) ;
- appliquer une procédure type pour écoles, parcs, stades.
Cas d’usage prioritaires :
- écoles et crèches,
- aires de jeux,
- équipements sportifs,
- zones de passage.
9) Organiser des battues citoyennes (avec prudence et méthode)
Une “battue” peut être efficace si on parle de repérage, de remontée d’informations, et de mobilisation encadrée. L’objectif n’est pas de pousser les habitants à l’intervention directe, mais de multiplier les yeux sur le terrain.
Format recommandé :
- campagne de repérage sur 1 à 2 semaines,
- guide photo “nid / insecte / comportements”,
- canal unique de signalement,
- rappel sécurité (distance, pas d’action, photo si possible).
À proscrire :
- toute incitation à détruire soi-même,
- toute action sans cadre ni rappel des risques.
Exemple de plan annuel simple (collectivité)
- Février–Mars : communication + formation agents + mise à jour procédure.
- Printemps : distribution encadrée (si choisie) + campagne “repérage”.
- Été–Automne : destruction nids (priorisation zones sensibles) + posts réguliers.
- Fin de saison : bilan chiffré (signalements, nids confirmés, délais, coûts), ajustements.
Ce qui renforce le succès d’une politique locale
Sans sur-promettre, une collectivité inspire confiance quand elle montre :
- une procédure claire et répétable,
- des partenaires identifiés (apiculteurs, entreprises spécialisées),
- de la traçabilité (bilan annuel),
- une pédagogie factuelle (différenciation, prévention, sécurité).
Message clé à marteler auprès des habitants
Vous signalez (Vespimap). La commune organise. Des professionnels interviennent.
C’est ce trio-là qui protège réellement les personnes, limite les mauvaises initiatives et rend la gestion du frelon asiatique efficace à l’échelle locale.
Signalez un nid ou une présence de frelons (en 2 minutes)
Votre signalement aide à cartographier les zones concernées et à orienter les actions localement. Ne vous approchez pas : gardez vos distances et privilégiez une photo prise en sécurité.
- Simple : localisation + photo si possible
- Utile : la carte aide les acteurs locaux à prioriser
- Rassurant : vous contribuez sans prendre de risque